Auto-édition ou édition traditionnelle ?

Je vais vous donner ici quelques informations qui vous aideront a choisir entre auto-édition et édition traditionnelle.

Qu’est ce que l’auto-édition ?

Il existe plusieurs formes d’auto-édition.

De nombreux sites proposent de l’aide pour éditer son livre soi-même. Selon moi, il est très rare que le service soit à la hauteur de la marge demandée…
N’ayant pas testé personnellement, je ne m’attarderai pas trop dessus.

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Parmi leurs arguments, ils disent s’occuper de demander vos ISBN, alors qu’il n’y a rien de plus simple à faire. Ils disent que vous serez dans toutes les librairies. En réalité, votre livre n’y sera pas, mais le libraire pourra le commander, si un client le demande.
L’impression à la demande est peut être envisageable pour les romans, mais j’ai réalisé quelques devis pour mes albums cartonnés et ce n’était tout simplement pas viable.

Exemple sur BoD : Pour imprimer mes albums un par un, la part BoD serait de plus de 23€. Ils me conseillent de le vendre 25,99€ afin de faire 2,65€ de marge… Or un album de ce type est généralement vendu entre 11 et 14€ : à 26€, il ne se vendrait probablement pas. Je propose les miens à 12,5€. Soit presque deux fois moins cher que le coût d’impression…

Il est possible de commander par lot pour réduire ces coûts, mais on reste entre 16€ et 11€ de coût unitaire. Le moins cher étant pour un minimum de 200 exemplaires, ce qui implique un investissement de plus de 2000€. (ce que l’on espérait éviter grâce à l’impression à la demande).

Imaginons que je choisisse cette option à 11€/unité, et 1,5€ de marge pour moi, il suffit que la commande doive être envoyée pour que cela ne fonctionne plus. Les frais d’envoi pour un album cartonné sont de 4,7€ par Mondial relay ou 6,21€ par la poste…

Dans cet article, je parlerai uniquement de ce que je surnomme : la vraie auto-édition. Cela consiste à aller soi même demander des devis aux imprimeurs, démarcher les libraires… Le minimum d’intermédiaires, le plus de travail, mais à mon sens, le plus satisfaisant.

C’est d’ailleurs celle que j’ai choisi pour éditer mes livres et albums jeunesse.

Pour le financement, vous devrez soit payer vos impressions vous même, soit organiser une campagne de financement. Cette option est une bonne façon de savoir si le public est conquis ou non par votre ouvrage.

Imprimerie

Qu’est ce que l’édition traditionnelle ?

L’édition traditionnelle consiste à proposer votre projet de livre à des maisons d’éditions. Je vous conseille de les sélectionner soigneusement, en cherchant les lignes éditoriales de chaque maison.

Si votre projet est retenu, vous serez en édition à compte d’éditeur : l’éditeur paye les impressions. Il va probablement vous demander des modifications, puis faire corriger, mettre en page… Si vous proposez un texte, il le fera illustrer.

Éventuellement, vous aurez une avance sur droits d’auteur. Si vos ventes sont suffisamment importantes pour que vos droits d’auteur dépassent cette avance, vous commencerez à toucher des droits d’auteur complémentaires, pour les ventes qui suivront.

Que choisir pour une édition de qualité ?

Certains se tournent vers l’auto-édition « faute de mieux » : la qualité n’est donc pas systématiquement au rendez-vous. Il n’y a pas forcement de relecteur, de graphiste… Une partie des manuscrits refusés par les maisons d’éditions n’étaient réellement pas bons…

Pour ces personnes là, le filtre de la maison d’édition et l’équipe professionnelle qui la compose permet de créer un livre de qualité.

Ceci dit, toutes les maisons d’édition ne se valent pas. Certaines laissent passer des coquilles et ont des goûts discutables, ou basés uniquement sur une portée commerciale…

Rappelons qu’en moyenne, les éditeurs ne choisissent que 2% des manuscrits qu’ils reçoivent. Ils laissent régulièrement passer de véritables pépites.

Des personnes talentueuses, bien entourées et avec de solides compétences, sont de plus en plus nombreuses à réellement choisir l’auto-édition. Certaines ont parfois été éditées durant des années et s’en sortent finalement mieux en auto-édition. Ainsi sont produits des livres de qualité, sans éditeur.

Pourquoi choisir l’auto-édition ?

– Pour faire nos propres choix éditoriaux, parfois plus créatifs ou moins commerciaux. Pour ne pas se plier à la contrainte du standard d’une collection qui nous semble desservir notre projet, etc.

– Parce que certaines maisons d’éditions ont un respect très relatif pour leurs créatifs… Il y en a qui ne se gênent pas pour effectuer des changements sans consulter les personnes qui ont écrit ou illustré l’ouvrage, par exemple.

– Les éditeurs se présentent souvent comme ceux qui nous font la grâce de prendre le risque de publier nos ouvrages. Ils nous offrent généreusement un petit pourcentage, souvent autour de 6 % du prix de vente… Pourtant sans personnes pour créer les livres, il n’auraient ni emploi, ni salaire.

Le fait est que les maisons d’éditions reçoivent une très très grande quantité de manuscrits. Ils peuvent se permettre d’imposer leurs règles, car si une personne refuse ces conditions, on peut facilement la remplacer.

Et si nous décidions de voir les choses sous un autre angle ? Les créatifs engagent et payent les autres acteurs de la chaîne du livre, pour se focaliser sur la création du contenu et leur déléguer le reste. J’ai tendance à trouver que payer la quasi totalité du prix de vente pour ces services dont la qualité ne cesse de baisser, ce n’est ni logique, ni très juste.

Opter pour l’auto-édition peut être une démarche engagée, ayant pour but de rééquilibrer le monde de l’édition. Ainsi, nous pouvons espérer que les hommes et femmes souhaitant vivre de l’écriture et de l’illustration, puissent le faire dans de bonnes conditions.

Qu’est ce qui est le plus rentable ?

Quand on se demande pour quel mode d’édition opter, généralement cela se termine par : les édités ont une toute petite marge, mais un volume de vente plus important et inversement pour les auto-édités. Il est malheureusement difficile d’obtenir des chiffres précis.

Or, la vente moyenne, catégorie littérature jeunesse en maison d’édition, serait de 3000 exemplaires (Source : SNE. Comprends albums, BD, et romans jusqu’aux ouvrages pour jeunes adultes). Ce n’est pas énorme. Qui plus est, dans le lot, il y a les best seller, qui pèsent lourd dans la moyenne.

La grande majorité des livres édités auront des ventes inférieures à 500 exemplaires. Quand on gagne entre 0,5€ et 1,6€ par livre vendu, cela fait bien peu de revenus…

C’est encore plus variable pour l’auto-édition. Quelques uns ont beaucoup de succès. Une bonne part vivote. D’autres ne feront que quelques ventes, mais le plus souvent, ce sont ceux qui n’auront pas beaucoup démarché, fait de salons etc. Cela dépend beaucoup de ce que vous mettrez en œuvre pour rencontrer votre public.

Il faut aussi savoir que se créer un lectorat prends du temps. Il faut souvent plusieurs années et plusieurs livres, pour doucement se faire connaitre par plus de personnes.

Enfin, sans vouloir vous décourager, gardez à l’esprit que dans tous les cas, il est exceptionnel de bien vivre de ces métiers d’écriture et d’illustration… Selon le rapport sur le secteur du livre publié par le ministère de la Culture en 2018, seuls 12 000 auteur-ices (sur 88 000 recensés) touchent plus de 8000 euros de droits d’auteur par an. (5000€ en moyenne, best seller inclus, une fois encore)

L’auto-édition est-elle faite pour vous ?

Je pense que l’auto-édition est une bonne solution, si vous pensez avoir, en plus des compétences en écriture et/ou illustration, un bagage qui vous permette d’être polyvalent. Ou si vous avez la possibilité de déléguer une partie des autres tâches nécessaires à la création d’un livre de qualité : relecture, mise en page, diffusion…

Pour que cela marche il faudra travailler la communication, vous constituer peu à peu une communauté qui vous suive. Il faut aimer passer ses week-ends en salons. Vous devrez aimer gérer les tâches qui incombent normalement à d’autres acteurs de la chaîne du livre. Ce qui implique d’avoir moins de temps pour créer plus de livres.

Si vous voulez uniquement écrire ou dessiner et ne pas avoir à gérer le reste, alors l’auto-édition risque fort d’être frustrante et d’échouer.
En revanche, si l’aspect pluri-disciplinaire vous plaît, alors l’auto-édition est faite pour vous. Ce sera passionnant, valorisant, et satisfaisant.

Finalement, c’est la façon dont vous souhaitez exercer ce métier, qui devrait motiver votre choix entre auto-édition, et édition traditionnelle.